Cassons quelques mythes sur l’agroalimentaire au Bénin !

C’est toujours avec un grand plaisir que j’aime échanger avec les professionnels de l’agriculture et de l’élevage quand je rentre au Bénin.
Voici quelques idées reçues que nous pouvons avoir lorsque nous ne côtoyons pas le terrain
1. Les agriculteurs ne savent pas du tout communiquer sur leurs produits
Alors oui il y a encore des efforts à faire mais je ne peux pas parler de communication inexistante : Communication sur les produits agricoles transformés
  • Diversité des canaux de communication (radio, télévision, internet, magazine spécialisé comme « merveilles du terroir »)
  • Beaux emballages
  • Journées porte ouverte pour montrer les produits
Je me réjouis surtout du fait que les acteurs du monde agricole commencent à vraiment prendre conscience de l’importance de la communication externe pour le « consommer local ».
2. L’agriculteur utilise surtout son énergie pour empêcher son concurrent de progresser
Encore là je ne peux accepter cette affirmation. Plusieurs agriculteurs comprennent que l’union fait la force en s’organisant par exemple en coopérative (harmonisation des systèmes de production des membres, accès aux crédits, partage d’expérience etc).
3. Il y a pas d’unité de transformation
Faux! Il est vrai que l’on  pense en premier lieu aux grandes usines occidentales et à des standards et normes loin de ce qui se voit parfois sur le continent africain mais elles sont juste différentes. (jus et sirop de fruit, viande séchée, huile de tournesol etc). Il y a par exemple une structure à Sèmè Podji avec un dispositif moderne.
4. Les consommateurs sur place ne s’intéressent  à la provenance des produits
Tout ce qui est dit dans les réseaux sociaux, blogs et applications n’est pas exact et facilement vérifiable mais les images chocs d’éventuels scandales sanitaires, potentiels produits empoisonnés ou autres origines douteuses de céréales importés coupent vite l’appétit des consommateurs. La rumeur se propage très vite avec les moyens de communication d’aujourd’hui et certains faits interpellent la population. Je ne dis pas que tous s’interrogent plus qu’avant mais il semble que les gens soient moins indifférents à ce qui se trouve dans leur assiette.
5. Les producteurs adorent les produits chimiques
Ce n’est pas si simple !
Nous n’avons pas d’un côté des agriculteurs qui pensent uniquement au profit, à avoir un développement plus rapide des cultures et aucune perte liée aux attaques (insectes) de leurs récoltes et de l’autre des consommateurs « anti chimie ». Il y a plusieurs acteurs dans une filière agricole entre le producteur et le distributeur et chacun a ses contraintes. Par exemple certains revendeurs (pas tous) sont en quête de produits toujours plus gros et moins chers. L’offre s’adapte à la demande et si nous ne cherchons pas d’abord à consommer de la qualité, il est normal que les efforts poussent vers la quantité et donc vers l’utilisation de produits chimiques. L’agro-alimentaire est une industrie où il y a des vendeurs de produits chimiques qui préféreront toujours l’utilisation d’engrais chimiques à celle d’engrais organiques dignes de belles recettes de grand mère que nous offre Dame Nature.
Conclusion : il y a certes des axes d’amélioration mais il est important de valoriser ce qui existe. Les raccourcis intellectuels et un manque de recherche sur le terrain donnent une image écorné du progrès rendu possible par des acteurs qui se battent au quotidien. Je sais qu’il est difficile de convaincre sans données chiffrés et sans sources connues. C’est donc à des associations et autres acteurs influents de rendre justice à une évolution de tout un secteur qui va dans le bon sens. L’idée n’est pas de dire que tout va bien mais de mettre en avant le positif et pousser à nuancer car en assombrissant le tableau nous ne mettons pas en lumière les succès d’un secteur qui a tant besoin qu’on en parle, à l’heure de l’exode rural et d’une terre qui peut être complètement délaissée par la jeunesse.
Source utilisée : magazine bimestriel d’informations « Merveilles du terroir »
Stevie pour le groupe Agriculture de T.I.N.A. (Tous Impliqués pour une Nouvelle Afrique)
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