Les agriculteurs africains doivent-ils répondre aux sirènes de l’agrobusiness ?

Oui à l'agrobusiness en Afrique ?
Oui à l’agrobusiness en Afrique ?

Aujourd’hui, l’agriculture en Afrique doit faire face à de nombreux enjeux : démographie, exode rural, écologie et problématiques environnementales, volonté de tendre vers une activité manufacturière ou encore la lutte contre la faim et la pauvreté.

Incroyable paradoxe : les besoins locaux peuvent trouver des réponses dans les importations de biens de consommation alors que de nombreuses cultures sont dédiées uniquement aux besoins énergétiques de l’occident. Le petit exploitant, en difficulté, cherchant à augmenter ses revenus pour sa famille, peut être contraint à penser court terme quitte à se tourner vers une culture autre, loin des besoins primaires et de l’autosuffisance alimentaire.

Industrialiser la filière et moderniser la production est indispensable, tout comme viser une meilleure rentabilité et repenser les processus de commercialisation. En effet, le modèle de développement de l’industrie agroalimentaire en Europe a favorisé l’émergence d’une classe moyenne, positive pour l’économie. Même si l’on pense d’abord aux multinationales lorsque l’on évoque l’agrobusiness, les exploitations familiales et plus particulièrement le petit exploitant en Afrique pourraient bénéficier des soutiens de nombreux institutionnels pour répondre à une demande internationale. En contrepartie de ce soutien, une application stricte des normes d’hygiènes est demandée aux exploitants ce qui représente une garantie supplémentaire de qualité pour le consommateur final. Pourquoi se priver de la possibilité de réinvestir dans de nombreuses cultures et de créer des emplois ? A ce propos, nous pouvons citer l’exemple de Feddy Tesha, productrice de lait en Tanzanie, qui grâce à une ferme industrialisée réussit à s’adresser à des consommateurs nationaux.

Cependant l’appât du gain a aussi un coût.

Un coût écologique, des pratiques qui épuisent les sols aux engrais chimiques en passant par des arrosages disproportionnés à l’heure du défi de l’eau. La tentation peut être d’assécher les nappes phréatiques pour alimenter les serres où se trouvent des légumes pour l’occident. La culture très rentable du palmier à huile, matière première massivement utilisée dans l’agroalimentaire (chocolat, biscuits, huile de table), les cosmétiques et l’industrie énergétique (biocarburants), a entraîné la destruction de 28 millions d’hectares de forêt en Indonésie entre 1990 et 2007 selon Greenpeace.

L’appropriation de la terre par des investisseurs étrangers est aussi un sujet sensible sur le continent africain comme ailleurs au Brésil où 32% des terres cultivées appartiennent à moins d’1% de la population (Movimento dos Trabalhadores Rurais Sem Terra le mouvement des sans terre) ! Ce phénomène est observé dans des pays comme le Mali et Madagascar. De puissants acheteurs imposent une culture intensive destinée à assurer la sécurité alimentaire de pays comme la Chine et l’Inde ou devant servir comme biocarburant au détriment des cultures vivrières.

Comment l’Afrique, continent où la majorité de la population vit de l’agriculture, peut-elle hausser ses rendements agricoles tout en pensant sur le long terme? Quel est le risque de tomber dans les dérives d’un système qui a parfois pu engendrer une aseptisation des productions ? Plusieurs spécialistes s’accordent à dire que la solution est dans la mécanisation des exploitations.

Et vous, qu’en pensez-vous ?


Source : tinaassos.com/ Par Le groupe Agriculture de T.I.N.A. / 27/03/2014


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